
L’agriculture actuelle est technique et soumise à des facteurs extérieurs, allant d’une bureaucratisation excessive à la spéculation boursière sur les aliments, ou encore à l’étau formé par les fournisseurs et les acheteurs, ce qui conduit la production agricole à adopter les paramètres de la production industrielle.
Les agriculteurs constituent un cas particulier dans la dynamique capitaliste, car, contrairement à d’autres secteurs — comme un fabricant de voitures ou d’horloges — ils ne peuvent pas fixer leurs prix de vente: ce sont les acheteurs qui les fixent. De même, les agriculteurs doivent assumer les conditions de vente imposées par leurs fournisseurs. L’agriculteur est à la merci de la protection du gouvernement, qui se limite généralement à ajouter de nouvelles législations à celles déjà existantes et qui, souvent, ne fait qu’accroître le pouvoir des grands fournisseurs et distributeurs.
Certains tentent d’échapper à cette dynamique grâce à l’agriculture biologique, tandis que d’autres combinent leur activité avec la production en circuit court (kilomètre zéro). On pourrait penser que cette manière de faire est obsolète, mais si l’on revoit les connaissances anciennes, on constate que le noyau du savoir agricole n’a pas changé.
Ce qui a évolué, ce sont la technification des travaux et la commercialisation des produits. Par conséquent, ceux qui défendent la production en circuit court ne sont pas si égarés lorsqu’ils cherchent à échapper à une dynamique de qualité, de prix et de distribution qu’ils ne contrôlent pas.
En hommage aux agriculteurs, on peut citer quelques ouvrages anciens intéressants, tels que le Diccionario universel d’agriculture de T. Muller, traduction publiée à Barcelone en 1900 ; les Leçons d’Agriculture et d’Horticulture, ouvrage collectif publié à Paris en 1919 ; Agricultura general de P. Diffloth, traduction publiée à Barcelone en 1919 ; Arboricultura frutal de L. Bussard et J. Duval, traduction publiée à Barcelone en 1928 ; El Blat de moro de Lluís Pascual, publié à Barcelone en 1938 ; la Pomologie illustrée de H. Kessler, publiée à Berne en 1949 ; ou encore «Fruits calendrier du Fruticulteur et Viticulteur» un livre que H. Henry mis à jour avec au fil des ans.
